Si vous avez besoin que l’on vous pose un implant dentaire ou que votre dentiste vous l’a conseillé, vous pouvez vous poser de nombreuses question sur la nature de ce corps étranger qui va prendre place dans votre bouche. De quoi sont constitués les implants dentaires, comment sont-ils posés et combien coûte une telle intervention ?

Dans cet article, nous allons vous donner toutes les clés pour mieux comprendre quelle est l’utilité d’un tel soin dentaire, dans quel cas il est préconisé, quelles sont les différentes étapes de l’intervention et quel est l’après d’une pose d’implant dentaire.

Un implant dentaire : qu’est-ce que c’est ?

Les implants sont-ils remboursés par la sécurité sociale ?

Un implant dentaire fait office de dent artificielle et est pour cela vissé fermement dans l’os de la mâchoire afin de supporter la prothèse dentaire ou la dent qui y est rattachée. Il a p

our principale utilité de remplacer la racine d’une dent qui a été endommagée ou arrachée et de soutenir une prothèse en lui servant d’intermédiaire avec l’os de la mâchoire. De ce fait, l’implant pourra transmettre les efforts de mastication à l’os et ainsi fonctionner comme un amortisseur.

Concrètement, un implant dentaire est une tige en métal (pouvant mesurer entre 10 à 15 mm de long) qui est constituée de titane. Ce métal est parfaitement compatible avec l’organisme humain, ce qui diminue considérablement les risques de rejet. Actuellement, certains implants sont fabriqués à partir de zircone qui a les mêmes avantages en terme de biocompatibilité, tout en étant de couleur blanche (donc plus discret que l’implant en titane).

Une fois l’implant dentaire en place, la période de cicatrisation peut durer plusieurs semaines, le métal utilisé permettant à l’os de la mâchoire de coloniser l’implant afin qu’il puisse être intégré parfaitement au reste de votre mâchoire. Il faut donc bien faire la différence entre l’implant (dont la principale fonction est d’apporter un support) et la prothèse qui va remplacer votre dent.

Quels sont les différents types d’implants ?

Il existe plusieurs types d’implants dentaires, variant généralement dans leur forme. Elle peut être cylindrique, conique, ou avoir une forme de lame, de disque, etc. Ces dernières permettent de répondre à des besoins dentaires spécifiques. Il existe également deux types principaux d’implant, le premier étant en métal. Implanté directement dans la machoire, il permet de maintenir une ou plusieurs dents. Le second est subperiosteal et posé sous les gencives afin de soutenir la prothèse. Moins répandu, il est principalement conseillé aux personnes ayant une mâchoire basse ou fine.

Combien de temps peut-il durer ?

L’implant dentaire jouant le rôle d’amortisseur pour faciliter et renforcer votre force de mastication, il peut supporter une pression allant de 10 à 35 KG/cm². Du fait de sa composition, il peut également continuer de fonctionner sans s’endommager au contact de la salive (d’autres métaux pouvant créer un courant électrique), de vos gencives et des aliments que vous consommez. Les implants dentaires sont également conçus pour résister au temps, et dépassent en théorie notre longévité humaine. Certains ont par exemple plus de 20 ans et ne montrent aucun signe de faiblesse.

Sa longévité, mais aussi la réussite de sa pose (et la diminution des risques de rejet) dépendent aussi de la manière dont a été réalisée l’opération de chirurgie dentaire. Si l’implant dentaire ostéo intégré connait un taux de succès de 95 % en France, c’est parce qu’il est posé en suivant les bons axes afin que la mastication s’exerce correctement.

Dernier facteur à prendre en compte, la santé de vos gencives (qui doivent être fortes et saines) et votre hygiène bucco-dentaire.

Quel est l’intérêt de se faire poser un implant dentaire ?

On recommande généralement la pose d’un implant dentaire (et non celle d’un bridge, par exemple), pour garantir l’intégrité de la machoire, mais aussi la bonne santé de vos dents. Contrairement à d’autres techniques, la pose d’un implant dentaire ne nécessitera pas d’endommager les dents voisines, ce qui permet d’éviter que l’os de la machoire ne soit abimé.

Comment se passe la pose d'un implant dentaire ?
L’autre avantage de l’implant est qu’il permet d’accueillir une prothèse, qui sera en tout point similaire (dans ses caractéristiques, mais aussi sa manière de fonctionner) à une vraie dent. La disposition de votre machoire restera donc intacte, et vous retrouverez la même capacité de mastication.

Comment est-il posé ?

La pose de l’implant va donc consister à remplacer une à plusieurs dents (et parfois même toute la mâchoire). Elle est toujours réalisée sous anesthésie locale afin d’éviter que le patient ne souffre (même si vous risquez de ressentir un léger inconfort et un gonflement au niveau de votre gencive après l’opération). La pose sera effectuée dans un cabinet (et exceptionnellement dans un hôpital, si une anesthésie générale est nécessaire). Généralement, on vous administrera un sédatif léger et certains chirurgiens dentistes prescrivent des analgésiques pour les jours suivant la pose des implants dentaires.

L’intervention chirurgicale va se décomposer en 3 phases bien distinctes (que nous allons détailler par la suite. Le suivi de l’implant et son adaptation à la structure osseuse de votre dentition peuvent par la suite durer plusieurs mois.

Pour que vous y voyez plus clair, voici une vidéo explicative 

Phase chirurgicale en implantologie dentaire

La première phase de la pose d’un implant dentaire consiste à inciser la gencive en suivant l’os de la mâchoire pour en décoller une partie (le lambeau). Pendant la phase d’implantologie dentaire, le chirurgien dentiste va réaliser un forage d’environ 2 à 3 mm de diamètres et 8 à 12 mm de profondeur dans votre os pour y placer l’implant (en le vissant).

Cette phase peut être réalisée en suivant deux méthodes distinctes. Elle prendra de 5 à 15 minutes, selon le cas et la procédure utilisée.

  • La méthode suédoise, qui se décompense en deux temps. Une fois que l’implant sera vissé, il recevra une vis de cicatrisation ainsi que le lambeau qui vient d’être décollé de l’os pour le suturer et faciliter la cicatrisation. L’implant sera ainsi recouvert, ce qui explique qu’on appelle également cette procédure la méthode « enfouie »
  • La seconde méthode, la méthode suisse, se réalise en un temps. Le chirurgien se contenter de recouvrir l’implant dentaire avec un vis de cicatrisation, puis de sutularer le lambeau autour de l’implant. Ce dernier sera donc toujours visible.

Phase d’ostéo-intégration

Après la pose de l’implant, vous allez devoir attendre que votre machoire cicatrice. C’est la phase d’ostéo-intégration, qui peut durer de 2 à 6 mois, selon les cas. Elle permet à l’os de se reformer, et de se fixer à l’implant dentaire de manière plus solide et durable.

Si votre chirurgien à employer la méthode suédoise en deux temps, il fera une incision pour pouvoir accéder à la vis de fermeture, avant de l’enlever. S’il a suivi au contraire la méthode en un temps (et puisque la vis est bien visible), il n’aura qu’à la retirer, sans faire d’incision.

Phase prothétique

La dernière phase n’est réalisée que lorsque l’ostéointégration est finie. Votre dentiste va visser une tige dans l’implant afin d’obtenir une empreinte de votre dent qui lui permettra de fabriquer votre prothèse. Puis il va visser une petite tige en métal (qu’on peut appeler le pilier, u le faux-moignon) dans la partie supérieure de l’implant pour sceller votre fausse dent.

Les nouvelles méthodes expérimentales

De nouvelles méthodes de pose d’implants dentaires sont récemment apparues. Moins invasive, le Flapless permet notamment de poser l’implant sans avoir à ouvrir la gencive, et donc à réaliser des points de suture après l’opération. Dans ce cas, il se contentera de réaliser une ouverture de forme circulaire (un peu comme avec un emporte-pièce) de la taille de l’implant. L’avantage est que vous conserverez vos papilles et que votre gencive sera moins touchée. Mais vous devez avoir une largeur et hauteur de machoire suffisante pour qu’elle soit possible.

Quel est l'intérêt d'un implant pour remplacer une dent ?

La seconde méthode qui est actuellement expérimentée par les dentistes est l’utilisation de la robotique. Elle va permettre de planifier l’intervention et de suivre le forage et la pose de l’implant en direct. Déjà très utilisée pour la chirurgie cardiaque ou orthopédique, elle devrait s’imposer dans le domaine dentaire car elle est moins traumatisante et invasive.

Combien coûte un implant dentaire ?

Il est difficile d’estimer le coût d’un implant dentaire car son prix dépend de nombreux facteurs. C’est pourquoi vous devez toujours demander le détail de votre facture afin d’éviter les mauvaises surprises. Vous devrez y retrouver :

  • le prix de l’implant
  • Le prix du pilier (ou faux moignon) qui n’est pas toujours nécessaire pour fixer l’implant à la prothèse
  • le prix de la vis de cicatrisation sur implant, si nécessaire ou facturée
  • le prix de la prothèse dentaire
  • le prix de la mise en fonction
  • le prix de l’intervention chirurgicale (la greffe, l’extraction, le curetage, etc.)

Ne vous fiez surtout pas aux prix unitaires, qui ne reflèteront que partiellement le coût total de votre intervention. Le coût de votre implant peut en effet grandement varier en fonction de la marque privilégiée par votre dentiste, le type de prothèse qui sera fixé (si c’est une couronne, un bridge, etc.), le matériau utilisé, mais aussi vos attentes.

Vous pouvez en effet influer sur ce choix en fonction de vos priorités (son aspect fonctionnel, son côté esthétique…). Les marges pratiquées par les cabinets dentaires ne sont pas non plus les mêmes. Pensez donc à les demander à votre dentiste avant toute chose.

Pour avoir une bonne estimation (ce qui est nécessaire avant de faire votre choix), il peut être intéressant de donner à votre dentiste votre radio panoramique. Elle lui permettra notamment de mieux comprendre votre cas médical, et les meilleures solutions pour y répondre.

Où aller se faire opérer ?

Les prix peuvent varier, du simple au double, selon le pays dans lequel vous vous ferez opérer. En France, pour commencer, le prix moyen d’un implant (avec pilier et une couronne en céramo-métal) sera d’environ 1 700 euros. Certaines marques (comme 3i ou Straumann) sont sensiblement plus cher, et il faudra alors prévoir un coût total qui dépassera les 2 000 euros. Les prix pratiqués en Espagne, en Hongrie ou au Maroc sont généralement beaucoup moins chers, même si les marques utilisées sont reconnues par les professionnels. En Hongrie, par exemple, la même intervention (pose d’un implant Alpha Bio, d’un pilier, et d’une couronne en céramo-métal) ne coûtera que 810 euros (et 1 075 euros pour un implant Straumann).

C’est le coût très élevé des soins dentaires qui pousse de nombreux patients français à partir se faire opérer à l’étranger. C’est notamment les renseignements que l’on peu trouver sur Internet, et les nombreux reportages dédiés à ce sujet qui ont fait découvrir la possibilité du tourisme médico-dentaire, et celle de recevoir des soins qui sont parfois de meilleure qualité à des prix beaucoup plus abordables. Si les français sont aujourd’hui plus réticents que leurs voisins anglais ou suisses, ils ont de plus en plus confiance et partent se faire soigner en Hongrie, le 2ème pays en terme de soins dentaires du monde, et le premier pour l’Europe.

Ces frais sont-ils remboursés ?

S’il on s’en tient à la loi, vous avez parfaitement le droit de vous faire soigner en Europe et aurez donc techniquement la possibilité de vous faire rembourser une partie de vos soins dentaires (comme si vous aviez été opéré en France). Cependant, la pose d’un implant dentaire n’est pas prise en charge par l’assurance maladie. Et si certaines complémentaires la prennent en charge (pour tout ou partie, selon les cas), vous serez toujours tributaire de plafonds liés à la période ou au montant de votre opération.

Attention si votre CPAM vous indique que les soins dentaires réalisés à l’étranger ne sont pas remboursés (ce qui peut arriver). Rappelez-leur qu’il s’agit dans votre cas de soins « programmés » ou « inopinés », et qu’ils sont donc bien pris en compte.

Quelles sont les démarches à suivre

Pour vous faire rembourser auprès de votre CPAM, vous devrez suivre des démarches administratives, aussi bien avant l’opération, qu’après la pose de votre implant dentaire. Avant les soins dentaires, renseignez-vous auprès de votre mutuelle pour savoir si elle rembourser les frais pour les soins effectués à l’étranger et selon quelles modalités. Vous pouvez également lui communiquer votre devis afin qu’elle vous fasse parvenir les cotisations CPAM que vous devrez transmettre à votre mutuelle pour obtenir une estimation de votre remboursement.

Implant dentaire : quelles sont les techniques de poser et leur prix.

Après l’opération, vous devrez leur fournir de nombreux documents : notamment votre radio panoramique avant et après les soins, la facture qui vous aura été donnée par la clinique dentaire, votre cotisation à la sécurité sociale et le formulaire S3125 que vous pouvez télécharger sur leur site. Pensez donc bien à conserver tous vos reçus (tickets de carte de crédit ou votre relevé bancaire si vous avez réglé en espèces. Et si vous avez été pris en charge à l’étranger, gardez également vos billets d’avion et les factures attestant de votre hébergement sur place.

Dans quel cas la pose d’un implant sera impossible

Dans certains cas, il ne sera pas possible de poser un implant dentaire. C’est notamment le cas si l’une des dents qui doivent être extraites est infectée. Il faudra dans ce cas attendre de l’extraire et d’assainir la machoir avant de réaliser la pose. Une période d’attente de 2 à 5 mois est également recommandé, afin de laisser à vos os et votre gencive le temps de cicatriser.

Si vous avez la machoire trop fine (et donc que le volume osseux est insuffisant pour poser un implant), vous devrez également commencer par subir un comblement ou une greffe osseuse. Dans ce cas également, il faudra attendre de 4 à 6 mois avant de pouvoir procéder à la pose de votre implant dentaire.

Il est également possible que vous rejetiez l’implant dentaire. Cela se produit lorsqu’il n’est pas intégré dans l’os de votre machoire. C’est relativement rare, mais quand cela se produit (et quand une fibrose apparaît autour de l’implant), cela se produit dans les semaines suivant votre opération.

Mais le rejet de l’implant peut également se produire plus tard (parfois plusieurs mois ou années après l’intervention) en raison de problèmes d’implantation, d’une maladie ou en cas de non respect des consignes post-opératoires. Attention car elles peuvent être imputées à votre dentiste (notamment si l’implant n’a pas été posé dans le bon axe), mais aussi à vous (en cas de tabagisme, ou de mauvais hygiène bucco-dentaire, par exemple).

Conseils d’entretien après la pose d’implants dentaires

N’oubliez donc pas que les implants dentaires nécessitent de l’entretien. Selon la prothèse qui a été posée, il sera plus ou moins facile ou exigent. Votre dentiste doit donc vous expliquer comment l’entretenir au mieux afin d’assurer sa longévité. Dans le meilleur des cas, il vous offrira une visite annuelle afin de vérifier qu’il n’y a pas rejet ou détérioration de votre implant dentaire.

Dans tous les cas, il faut s’attendre à une période de transition après la pose, qui peut durer plusieurs semaines. Vous devrez commencer par consommer des aliments liquides (surtout pendant les deux premières semaines), notamment de la soupe, ou des yaourts. Vous retrouverez une alimentation plus normale à partir de la troisième. Mais il est cependant toujours conseillé de couper vos aliments très finement, et d’éviter les aliments trop durs jusqu’au deuxième mois. Vous l’avez compris, le processus de transition est très long, et on dit le plus souvent que votre dentition est prête à retrouver une activité normale seulement trois mois après l’opération.