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Déchaussement:problème de santé publique
Sachant que la maladie parodontale touche un adulte sur deux dans le monde, ses multiples incidences sur la santé font du déchaussement un véritable problème de santé publique.
par Estelle Vereeck
Voir aussi
-Déchaussement : danger pour la santé
-Déchaussement ou maladie des gencives
-Mauvaise haleine ou halitose
-Trouver un parodontologue ou dentiste spécialiste des gencives

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Déchaussement ou maladie parodontale et cancer
Une association entre parodontopathie ou déchaussement et risque élevé de cancer a été suggerée par plusieurs études épidémiologiques1. La fréquence des cancers est apparue supérieure chez les sujets atteints de déchaussement (+ 14 %). L'association déchaussement et cancer apparaît significative pour le cancer du poumon (+ 36 %), le cancer du rein (+ 49 %), le cancer du pancréas (+ 54 %) et pour les hémopathies malignes (+ 30 %). Avoir moins de 16 dents naturelles correspondrait à un risque de cancer du poumon majoré de 70 %. D'après d'autres études, le déchaussement ou parodonpathie est impliqué dans le développement des cancer oro-pharyngés squamo-cellulaires. Une étude2 conclut même qu'à chaque millimètre d'os détruit correspond statistiquement une multiplication par quatre du risque cancéreux. Selon d'autres études3, le déchaussement est un facteur de risque important, voire majeur, dans la survenue des cancers de la tête et du cou. Les résultats éloquents de ces études soulignent l’importance des maladies du parodonte dans ces cancers ORL et dans le cancer de l’œsophage.
Déchaussement ou maladie parodontale et cancer du sein
Une nouvelle étude statistique4 menée à l’Institut Karolinska de Stockhölm vient d'établir un nouveau risque lié au déchaussement, cette fois dans l'apparition du cancer du sein chez la femme. L'étude a porté sur un groupe de 3000 femmes âgée de 30 à 40 ans, suivie entre 1985 et 2001 pour le dépistage du cancer du sein. Les chercheurs ont évalué l'état bucco-dentaire de ces femmes : nombre de dents manquantes, état parodontal. Les femmes incluses dans l'étude ont été divisées en deux groupes : un groupe de référence à l'état parodontal sain et un groupe à l'état parodontal altéré par le déchaussement. Le modèle mathématique employé pour l'évaluation statistique (modèle de régression logistique) a fait apparaître un risque de cancer du sein 11 fois supérieur en cas d'état parodontal altéré (déchaussement). Ainsi, ce sont moins les facteurs environnementaux, liés aux habitudes de vie ou même à la génétique, que l'état buccal qui s'avérerait déterminant dans l'apparition d'un cancer du sein.
Déchaussement ou maladie parodontale et cancer : l'hypothèse polyamines
Connues sous le terme commun de déchaussement, les maladies parodontales ou parodontopathies (parodontite, parodontose) provoquent une inflammation des gencives qui se solde par une destruction de l’os soutenant les dents. Les chercheurs5 ont découvert que, chez les patients souffrant de déchaussement, la mastication libère dans la circulation sanguine des quantités anormales de précurseurs inflammatoires qui ont la capacité de se fixer à distance sur des organes du corps. Le processus de destruction de l'os libère des produits de dégradation appelés diamines. Il s'agit de la putrescine et de la cadavérine qui dégagent une odeur de chair en décomposition, caractéristique de la mauvaise haleine de la personne souffrant de déchaussement. Putrescine et cadavérine sont des diamines. Les diamines, comme les polyamines en général, sont des facteurs de croissance cellulaire. Également produites par les cellules cancéreuses, les polyamines seraient à l’origine des tumeurs. L'impact d'un parodonte en décomposition (os et gencive) ne doit pas être sous-estimé sachant que l'ensemble des tissus de soutien des dents ou parodonte représente une surface équivalente à la paume de la main. Chez une personne atteinte de déchaussement, le parodonte (os et gencive) atteint produit donc des toxines équivalant à une paume de la main en suppuration permanente.
Déchaussement ou maladie parodontale : nouvelle approche du cancer
Ces découvertes pourraient bouleverser l'approche de certains cancers et de l'oncologie en général. L'oncologue, de même que le cardiologue, aura tout intérêt à collaborer étroitement avec le dentiste et le parodontologue.
À titre préventif et pour rester en bonne santé, on ne le répétera jamais assez, il est primordial de prendre soin de ses dents et d'accorder une importance toute particulière à ses gencives.
Dépistage du déchaussement ou maladie parodontale
La maladie parodontale ou déchaussement évoluant à bas bruit et au début sans symptômes évidents, il est important de passer une radio panoramique dentaire régulièrement pour dépister les premiers signes de perte osseuse et traiter en conséquence.
Plus d'informations sur le déchaussement et les moyens de le prévenir et de le traiter :
Pratikadent
Trouver un parodontologue Le parodontologue ou parodontiste est le spécialiste qui s'occupe du traitement des parodontopathies ou maladie parodontale, plus connue sous le nom de déchaussement. La parodontologie n'étant pas une spécialité officiellement reconnue par l'Ordre des dentistes, celui-ci interdit qu'un dentiste en fasse mention sur sa plaque professionnelle. Aujourd'hui, grâce à internet, on peut cependant savoir si un dentiste pratique la parodontologie et traite les problèmes de gencives et de déchaussement. En consultant les sites des cabinets dentaires sur internet, faits par les dentistes eux-mêmes pour présenter leur activité, il est possible de trouver facilement un parodontologue ou parodontiste.
1 Michaud D et coll.: Periodontal disease, tooth loss, and cancer risk in male health professionals: a prospective cohort study. Lancet Oncology 2008; publication avancée en ligne le 6 mai 2008 (DOI:10.1016/S1470-2045(08)70106-2)
2 Tezal et coll. Chronic Periodontitis and the Incidence of Head and Neck Squamous Cell Carcinoma. Cancer Epidemiology, Biomarkers & Prevention 2009 ; 18 : 2406.
3 Neela Guha et coll. : Oral Health and Risk of Squamous Cell Carcinoma of the Head and Neck and Esophagus: Results of Two Multicentric Case-Control Studies. Am J Epidemiol 2007; 166: 1159-1172.
4 Relayée par Egora.fr
5 The Lancet, 26 mai 2008
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