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Amalgame dentaire : sans danger en Europe

Amalgame dentaire ou plombage : reconnu sans danger par un comité scientifique européen

Amalgame dentaire : avis du comité scientifique européen

Missionné par la Commission européenne, le SCENIHR (ainsi qu'un autre comité, le SCHER) devait statuer sur l'avenir de l'amalgame (ou plombage au mercure) en dentisterie, en tenant compte des risques à la fois sanitaires et environnementaux. Ces deux comités devaient rendre leurs conclusions en fin d'année 2007.

Amalgames dentaires

Dans le même temps, l'association luxembourgeoise AKUT se mobilisait en faveur d'une interdiction de l'amalgame dentaire au sein de l'Union européenne, tandis que la Norvège interdisait officiellement sur son territoire tout produit contenant du mercure dans le but d'inciter l'Union européenne à faire de même.


par Estelle Vereeck

 

Voir aussi

-Matériaux alternatifs au métal


-Dépose d'amalgames et sclérose en plaque

Tester les métaux de l'amalgame dentaire

-Test Melisa

 

-Dépose des amalgames dentaires

 

Le Pratikadent

Comité scientifique européen et amalgame dentaire

Baptisé SCENIHR (Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks), un comité scientifique européen a publié mi-janvier 2008 un rapport1 intitulé Sécurité des amalgames dentaires et des matériaux de restauration alternatifs pour patients et usagers.

Tout en reconnaissant que le mercure est "l'élément métallique majoritaire" entrant dans la composition de l'amalgame dentaire, le rapport, loin d'accabler le plombage s'en fait au contraire le défenseur. L'amalgame dentaire "doit être considéré comme un matériau de choix" peut-on lire dans ce rapport qui insiste sur les intérêts à la fois cliniques et économiques de ce matériau.

Amalgame dentaire sans danger en Europe

Le SCENIHR exempte l'amalgame de tout effet nocif sur la santé, excepté de rares effets locaux bien maîtrisés. "La principale exposition au mercure des individus avec les restaurations en amalgame survient lors du placement ou du retrait de l'obturation" peut-on lire. S'il reconnaît que la dépose des obturations en amalgames expose les patients à de "relativement hauts niveaux de mercure", le comité en conclut que la dépose des obturations cliniquement satisfaisantes ne se justifie pas, sauf chez les patients souffrant d'allergie avérée à l'un des constituants. Quant à l'exposition des professionnels de santé aux vapeurs de mercure relarguées lors de la pose et de la dépose (voir le témoignage du Dr JM Bousquet), elle est également occultée. En plus d'affirmer l'innocuité du plombage au mercure, le rapport se livre à une critique des matériaux alternatifs en soulignant leurs "limites cliniques et leurs effets toxiques". En conclusion, le rapport met sur un pied d'égalité l'amalgame et les composites en affirmant: "tous les matériaux sont considérés comme sans danger et sont tous associés à de très faibles taux d'effets secondaires sans évidence d'incidences sur la santé générale". Plus encore, le rapport reprend à son compte la thèse selon laquelle les malades du mercure dentaire incriminant l'amalgame souffriraient en réalité de désordres psychiatriques.

Amalgame dentaire : impasse sur les vrais problèmes

Pour finir, le SCENIHR prédit tout de même dans l'avenir "une réduction soutenue de l'utilisation des amalgames dentaires en pratique clinique à travers l'union européenne" pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la santé mais avec la demande esthétique des patients,les composites alternatifs à l'amalgame étant de même teinte que la dent. Des problèmes environnementaux posés par les rejets mercuriels dans la chaîne écologique, il n'est évidemment pas question, le rapport se bornant à évoquer les bénéfices "salutaires" pour l'environnement qu'il y aurait à réduire l'emploi du mercure dans les activités humaines. Ne sont pas davantage évoqués les problèmes liés au galvanisme buccal chez les patients porteurs d'obturation métalliques. Selon ce rapport, il n'y aurait d'émission de mercure qu'aux seuls moments de la pose et de la dépose des amalgames, le reste du temps, le matériau serait parfaitement neutre. Ceci est évidement faux et on sait l'incidence de l'électrogalvanisme sur la pollution aux métaux lourds (expliquée dans le Pratikadent, à la rubrique Électrogalvanisme) et sur les champs électriques parcourant le corps (ceux du cerveau en particulier avec une incidence plus que probable sur les maladies neurodégénératives).

Expert français, farouche défenseur de l'amalgame dentaire

Un tel rapport en faveur de l'amalgame ne nous étonnera pas quand on sait que l'un des experts extérieurs qui a participé à la rédaction de ce rapport n'est autre que le professeur M. Golgberg, farouche défenseur de l'amalgame, qui signait fin février un article, Merci au ministre norvégien de l'Environnement, fustigeant avec virulence l'initiative norvégienne d'interdire l'amalgame, tout en développant des arguments d'une similitude troublante avec ceux figurant dans le rapport du SCENIHR. Tout comme ce dernier, le professeur Goldberg souligne dans son article la toxicité des résines qu'il estime cinquante fois supérieure à celle des amalgames (ce n'est pas notre avis, lire à ce sujet notre classification des matériaux dentaires), tout en défaussant le mercure de toute toxicité et renvoyant les patients qui lui attribuent la cause de leurs maux aux bons soins du psychiatre.

Attitude ambigüe des experts norvégien et néerlandais

Plus étonnant, l'un des quatre autres experts extérieurs est norvégien: le professeur Arne Hensten de l'université de Tromsø. Même si la Norvège vient d'interdire l'amalgame, officiellement pour des raisons écologiques et non médicales, on peut s'étonner qu'un expert norvégien cautionne un rapport défaussant un matériau qui n'est plus remboursé en Norvège depuis 1999. Autre sujet d'étonnement, l'un des co-experts, le néerlandais John A Jansen, exerce à l'université de Nijmegen, connue pour ne plus enseigner la pose des amalgames dentaires depuis 2004. Il est plutôt curieux que des universitaires cautionnent un matériau banni dans leur propre pays ou dans leur université. Si l'amalgame est aussi sécure que le rapport l'affirme, pourquoi ne pas continuer à le poser dans la bouche des Norvégiens et des Néerlandais ? La position de ces deux experts est pour le moins ambigüe. Comment peut-on interdire un matériau et en même temps le cautionner ? Selon les termes mêmes du ministre de l'Environnement, la Norvège en interdisant l'amalgame voulait envoyer un signe fort à la Communauté européenne. Cependant, la participation dans le même temps d'un scientifique norvégien à un comité prônant l'usage l'amalgame déforce considérablement ce signal. Vue de l'extérieur, la participation des experts norvégien et néerlandais à l'élaboration de ce rapport pro-amalgame ressemble fort à un compromis au profit d'intérêts économiques.

Amalgame dentaire sous influence française

Faut-il voir dans le rapport du SCENIHR un effet du lobbying des dentistes, comme le dénonce l'AKUT (on sait que l'Ordre français des dentistes s'est fortement et activement impliqué dans ce dossier), ou bien la puissante influence des pays défenseurs de l'amalgame, dont la France, prête à tout pour conserver un matériau bon marché que sa sécurité sociale déficitaire est d'évidence incapable de remplacer par des matériaux alternatifs plus coûteux ? Au vu de ce rapport, force est d'admettre que ce n'est pas de l'Europe que viendra la solution. S'il évoque une "possible réduction de la disponibilité des produits contenant du mercure", le rapport ne dit rien d'une éventuelle interdiction de l'amalgame, qui n'est d'évidence pas à l'ordre du jour et de surcroît s'avère peu probable dans le contexte. En effet, la France, fortement opposée au bannissement de l'amalgame, prend la présidence européenne à partir de juillet. Il est donc parfaitement utopique d'espérer une interdiction du plombage au mercure dans l'année à venir. L'amalgame au mercure a encore de beaux jours devant lui.
Reste qu'en l'absence de mesure officielle, il appartient à chacun de prendre ses responsabilités en matière de soins dentaires en banissant un matériau à la fois toxique et polluant pour l'environnement.

* Les précautions à prendre lors de toute dépose et les solutions alternatives à l'amalgame dentaire sont détaillées dans Le Pratikadent, rubrique Plombage-dépose.

(1) Document uniquement en anglais téléchargeable au format PDF sur le site ec.europa.eu

 

Article mise à jour le 05-09-2011

 

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Créé par Estelle Vereeck, docteur en chirurgie-dentaire auteur de nombreux ouvrages grand public sur les dents, le site holodent traite de l'approche globale, naturelle et énergétique des soins dentaires, du langage des dents ou décodage dentaire, sans oublier l'orthodontie douce.